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Exposés interactifs des élèves : Pourquoi ? Comment ?

Chercheurs solidaires et maîtres de conférence entre 9 et 12 ans

LEONARD GUILLAUME


Editions Labor - Collection L'ECOLE des années 2000 - éd. 2001


Rendez votre élève attentif aux phénomènes de la nature, bientôt vous le rendrez curieux ; mais pour nourrir sa curiosité, ne vous pressez jamais de la satisfaire.

Mettez les questions à sa portée et laissez-lui les résoudre. Qu'il ne sache rien parce que vous le lui avez dit, mais parce qu'il l'a compris lui-même : qu'il n'apprenne pas la science, qu'il l'invente.

S'il se trompe, laissez-le faire, ne corrigez point ses erreurs, attendez en silence qu'il soit en état de les voir et de les corriger lui-même ; tout au plus dans une occasion favorable, amenez quelqu'opération qui les lui fasse sentir.

S'il ne se trompait jamais, il n'apprendrait pas si bien.

Jean-Jacques Rousseau, Emile, 1762


PREAMBULE : IDENTIFICATION DE LA CLASSE ET MOTIVATION

Instituteur depuis près de 20 ans dans une petite école rurale communale, je suis titulaire depuis 1982 de la classe de 4-5-6è primaire. L'implantation compte bon an, mal an une soixantaine d'enfants répartis sur deux classes maternelles et deux classes primaires.

Cela fait maintenant une bonne douzaine d'années que j'ai introduit dans ma classe une activité qui, à mes yeux, a pris de plus en plus d'importance dans mon métier, tant par le temps que nous y consacrons avec mes élèves, que par les enjeux fondamentaux que j'y décèle : il s'agit de la préparation interactive d'exposés à présenter devant la classe.

Je voudrais montrer d'une façon générale dans cet ouvrage que les conditions d'apprentissage, les démarches et les types de pédagogie pratiqués en classe influencent considérablement les acquisitions des élèves, tant au niveau cognitif qu'au niveau des savoir-faire comportementaux.

J'ai voulu articuler théories pédagogiques et pratiques professionnelles de façon à ce que ces deux pôles s'enrichissent l'un et l'autre dans un va-et-vient complémentaire : les pratiques sont régulées par la réflexion et la réflexion alimente la pratique.

C'est aussi l'occasion pour moi de théoriser au maximum cette activité appelée aussi "Chef d'oeuvre pédagogique" (initié par le G.B.E.N. - Groupe belge d'éducation nouvelle). Ces pratiques sont en effet le résultat d'expériences et de rencontres qui ont jalonné mon parcours. [...]

C'est également l'engouement de mes élèves devant ce type d'activité qui m'a incité à creuser, à théoriser et à peaufiner cette approche.

C'est aussi parce que j'y vois une cohérence avec ma vision de l'école et de la société. Il me semble en effet important aujourd'hui dans la mission qui nous est confiée, de "réfléchir sa façon d'enseigner" en mettant en relation trois axes qui me paraissent fondamentaux : l'axe du philosophique, l'axe de la didactique et l'axe du pédagogique.

Le premier permet de faire émerger les valeurs, les enjeux et le partis-pris sous-jacents à l'action du terrain.

Le deuxième concerne les dispositifs et les attitudes que l'enseignant met en place dans sa classe.

Le dernier est constitué par l'ensemble de toutes les démarches de pensée auxquelles l'apprenant fait appel dans son activité scolaire.

L'activité qui consiste à préparer et àprésenter des exposés de façon interactive telle que décrite ici me semble rencontrer la cohérence nécessaire entre ces trois axes.


Léonard Guillaume


A lire également - Autre chose au lieu des examens - Charles Pépinster - Echec à l'échec, n° 154 de mars 2002

 

Mise à jour le 15 novembre 2003
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